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Louisiane
À l’origine, la Louisiane correspondait à une vaste région du sud des États-Unis qui comprenait une bonne partie des États actuels de l’Ouest américain. Après avoir descendu le fleuve Mississippi, l’explorateur Cavelier de La Salle prend possession de ces territoires en 1682 au nom du roi Louis XIV de France. Pierre Le Moyne d’Iberville y fonde un premier établissement français en 1699 et la région devient colonie française en 1731. Toutefois, en 1762, la France est contrainte de céder la partie est de la Louisiane à l’Espagne et, au traité de Paris de 1763, elle concède à l’Angleterre la portion de la colonie louisianaise située à l’ouest du Mississippi.
En 1800, l’Espagne remet la partie est de la Louisiane à la France, qui est alors gouvernée par Napoléon Bonaparte. Ayant besoin d’argent pour financer ses nombreuses campagnes militaires, celui-ci vend la Lousiane aux États-Unis récemment constitués.
La venue d’Acadiens en Louisiane
Les Acadiens n’ont pas été déportés en Louisiane. Celle-ci est plutôt devenue un point de convergence pour de nombreux Acadiens exilés de par le monde. Entre 1763 et 1767, environ 1 500 Acadiens arrivent dans la région en provenance des colonies américaines, des Antilles et de la Nouvelle-Écosse, et s’installent le long du fleuve Mississippi. Un groupe encore plus important de déportés acadiens arrive de France en 1785. Il est suivi plus tard de groupes de Français moins nombreux qui fuient la Révolution française.
En 1764, certains parmi les premiers Acadiens arrivés en Louisiane s’installent au poste des Indiens attakapas. Ils sont bien accueillies par les Indiens, qui parlent la même langue et pratique la même religion qu’eux. Les Indiens oumas leur réservent également un accueil favorable.
Graduellement, le mot « Acadien» se transforme en «Cadjin» puis en «Cadien». L’isolement dans lequel vivent les Cadiens leur permet de préserver leur langue et leur culture pendant longtemps. Cependant, l’industrialisation du début du XXe siècle se traduit par la venue de nombreux Anglo-Américains, ce qui rend les Cadiens vulnérables à l’assimilation.
La culture cadienne et la langue française en Louisiane
La préservation de la langue française n’est pas chose facile en Louisiane. À compter de 1915, une série de projets de loi marquent un point tournant dans la vie des Cadiens. Cette année-là, le Comité d’éducation de l’État fait adopter une nouvelle loi qui entraîne la suppression de la langue française dans les écoles. Les enfants sont punis quand ils parlent français. En 1916, on adopte un projet de loi obligeant chaque enfant à aller à l’école jusqu’à l’âge de 16 ans puis, en 1921, la Constitution louisianaise interdit l’usage de toute autre langue que l’anglais comme langue d’instruction.
L’année 1969 constitue une date importante pour le mouvement de promotion de l’identité cadienne et de la langue française en Louisiane. En effet, c’est alors que les écoles de langue française accueillent les premiers enseignants francophones venus de l’extérieur, soit des Français et des Québécois.
Dans les années 1980, les paroisses, les unes après les autres, développent des programmes d’immersion française, à commencer par Calcasieu en 1983, puis les paroisses d’Assomption et de St-Martin en 1989, Lafayette en 1992, la paroisse d’Acadie en 1994, Orléans en 1996... Ces programmes prennent de l’importance avec les années, de sorte qu’un consortium des écoles d’immersion est créé en 1995.
Le Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL), fondé en 1968, a le mandat d’assurer le développement, l’utilisation et la préservation de la langue française en Louisiane. Il est à l’origine de nombreuses démarches entreprises auprès des autorités de l’État et de partenaires de la francophonie pour favoriser la préservation de la langue française.
Arts et culture
Dès 1928, Joe Falcon et Cléoma Breaux réalisent le premier enregistrement de musique cadienne, soit la chanson Allons à Lafayette. Toutefois, ce n’est qu’en 1976 qu’on publie le premier livre en français cadien intitulé Lâche pas la patate de Revon Reed.
De nos jours, la culture cadienne est plus vivante que jamais. Le premier Festival Zarico, qui a lieu à Plaisance en 1981, donne le coup d’envoi à une série de fêtes et festivals où les Cadiens oseront chanter dans leur langue sur des scènes extérieures. Depuis le début des années 1980, on assiste à un véritable retour de la culture cadienne. La littérature et la musique de langue française sont en effervescence. Certains artistes francophones de la Louisiane sont connus au-delà des frontières des Etats-Unis, en particulier Zachary Richard, dont la musique et la poésie obtiennent un immense succès au Canada français et en Europe.
En 1999, la Louisiane est l’hôtesse du deuxième Congrès mondial acadien. Ces retrouvailles entre les familles acadiennes et cadiennes sont marquées par de grandes fêtes.
Site suggéré : http://codofil.org/francais/lafrenchhistory.html |
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